Le Mantra So Ham

Les oiseaux ont un sens particulier dans la mythologie hindoue. Leur capacité de voler et d'entrer dans le royaume des cieux, les rend idéals messagers des dieux. Les Dieux hindous, contrairement aux anges chrétiens, sont généralement dépourvus d'ailes, les Dieux montent souvent sur les oiseaux. Il n'est pas étonnant, alors, de retrouver les noms de ces créatures dans les postures de Yoga. En dehors du pigeon il y a l’aigle, le paon, le cygne, la grue, le héron, le coq, la perdrix....


Respirer selon la tradition indienne, c’est répéter un Mantra. Le cygne est le véhicule du dieu créateur Brahma. Son nom (Hamsa, plus exactement traduit par «oie sauvage») recèle un enseignement profond dans le mantra, Soham.









Qu’est-ce que ce mantra signifie?



Il reconnaît l'aspiration à la fusion du moi individuel (aham en sanskrit) avec l'universel, moi cosmique. «So» est un son qui va vers l’intérieur. On reçoit l’énergie universelle qui est intériorisée dans le «o». «Ham» est un son qui contient une énergie d’expression subtile, qui va vers l’extérieur: dans le «h» aspiré et dans le «a» ouvert.


Un des premiers sens de Soham est : notre respiration, notre souffle. So l'inspiration, ham l'expiration. Le souffle est ce qui est le plus proche de nous. Il nous relie à la vie et nous le partageons intimement avec tous les autres êtres qui respirent.



La tradition dit qu'à un certain stade de la pratique de ce mantra, vous ferez l'expérience de cette unité et les syllabes seront naturellement inversées, Hamsa (le cygne). À ce stade, vous devenez le Paramahamsa, ou le cygne suprême qui plane dans les lieux où les mortels ne pourront jamais aller. Faire attention à sa respiration peut servir de véhicule pour votre propre délivrance.



La pratique, un chant du cygne.



Trouvez une position confortable, assis ou couché, et tournez votre attention sur votre respiration. Fermez les yeux et centrez-vous sur votre respiration naturelle, sans l’influencer. Laissez aller le flot de l’air en suivant son parcours de la pointe des narines jusqu’aux alvéoles pulmonaires. Sentez l’air passer dans les fosses nasales, la gorge, la trachée, les bronches, les bronchioles,... puis revenir en sens inverse sur l’expire.


Lorsque la conscience de ces mouvements du souffle sera établie, associez le son à la respiration: Pensez « So » sur l’inspiration, « Ham » sur l’expiration. Consacrez quelques minutes à la suite de ces sons. Vous pouvez organiser et interpréter les syllabes de deux manières: comme Hamsa, où votre souffle est votre oiseau envolé vers le ciel, ou comme Soham, où il est un pont reliant le moi (jiva-atman) avec le Soi (atman parama-). Le souffle vital (véhicule du prâna) et le mantra (énergie phonique shabda) fusionnent l’un à l’autre.



Emmanuelle Royer